22
SEP 23

À bout de souffle

C'est fou. Je pensais à mon rêve du matin, tout en morceaux et encore incompréhensible – avec juste un hamster en plein soleil – et là, à l'angle de l'avenue de Suffren et de la rue qui mène au divan, un type venait de tailler à l'équerre visiblement tout le lierre bien accroché à la grille.
Enfin, ce n'était pas visible d'emblée, c'est d'abord l'odeur qui m'a accrochée. Oui, c'était soudain comme dans les boutiques Massimo Dutti.
À Paris ou à Madrid, c'est la même fragrance dès l'entrée. Terreuse et musquée, avec des notes d'agrume. Et à chaque fois, ça me rend un peu fou justement. Sans doute parce que c'est terreux et musqué.

En ce moment, avec les odeurs je fais des associations bizarres. Des sortes de lapsus olfactifs peut-être. 

03
SEP 23

Effets secondaires

C'est bizarre, enfin c'est complètement inattendu, je me découvre à présent bien curieux d'un domaine où j'étais un vrai cancre au collège. Oui, l'histoire-géo. Surtout l'histoire.
Le côté cancre c'est sans doute parce que la prof m'intéressait bien plus que sa matière alors. Je me souviens, elle déboulait le matin dans le parking des profs en Skoda. Toute jaune. Une voiture des pays de l'Est, encore rare à l'époque. Elle m'intriguait – la prof pas la voiture –, j'imaginais une femme qui venait du froid et c'est son histoire à elle que j'aurais préféré connaître.
Parce qu'il y a forcément des « jeux de transfert » entre les élèves et les profs. Une forme de sublimation de la libido. Quoiqu'on en dise. Oui, c'est ça au fond qui nous donne du goût pour le savoir, qui porte notre désir d'apprendre.